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« Transmetropolitan », remettre (encore plus) l’avenir en question

Retrouvez le coup de coeur de notre rubrique Lu, Vu, Entendu.

Par Alexandra Blanchard-Pacrot
« Transmetropolitan », remettre (encore plus) l’avenir en question

Âmes sensibles s’abstenir. Transmetropolitan, récit proposé par Warren Ellis, n’est pas fait pour tous les esprits. Si, lorsque vous ouvrez une histoire, vous aimez les licornes, les papillons, le chic et le glamour, ne feuilletez même pas les premières pages de ce qui est aujourd’hui l’une des références du genre post-cyberpunk. En revanche, si vous faites partie de ceux qui ne craignent pas le trash, la violence crue et les remises en question existentielles, foncez.

Le premier tome de cette série de cinq campe le personnage de Spider Jerusalem, journaliste à l’œil aiguisé, dont la plume se veut assassine (littéralement). De retour après un exil volontaire, il se retrouve à enquêter sur le président, La Bête, politicien méprisable et rancunier envers ceux qui ne le soutiennent pas. Si cet antagoniste est détestable, le journaliste, qui prône la Vérité, n’a rien d’un héros : drogué, violent et volontiers vulgaire, il est épaulé par deux assistantes qui lui confèrent malgré tout un peu d’humanité.

L’univers de Transmetropolitan est sombre, dominé par les écrans, les addictions et les perversions. A l’heure où l’intelligence artificielle s’impose dans nos quotidiens, la lecture de l’œuvre de Warren Ellis, initialement parue en 1997, se révèle finalement très actuelle dans ses questionnements sur notre dépendance à la technologie, aux faits divers et aux polarisations, qui nous pousse, parfois, à abandonner par facilité notre libre arbitre.