Rénovation énergétique : impact, aides et contraintes
Outre la question du confort, les étiquettes énergétiques influent désormais sur les prix de vente des biens. Voici quelques astuces pour réussir votre rénovation.
En même temps que les notaires de la Loire dévoilaient leurs statistiques immobilières 2025, le Premier ministre annonçait un projet de loi visant à relancer le logement en France. Parmi les diverses mesures dévoilées le 23 avril à Marseille, Sébastien Lecornu a évoqué la possibilité de proposer à nouveau à la location des biens aux étiquettes énergétiques de classes F et G sous réserve que le propriétaire s’engage à réaliser des travaux d’amélioration dans les trois ans pour les maisons individuelles et dans les cinq ans pour les copropriétés. Un changement de cap car l’interdiction de louer les passoires thermiques devait s’appliquer aux logements en F à compter de 2028, ceux en G étant concernés depuis le début d’année dernière.
Il faudra attendre la concrétisation de cette initiative puis scruter la réaction du terrain pour en étudier les conséquences. La rénovation n’a pas attendu ce dispositif pour constituer un enjeu et concluait ainsi la présentation organisée à la Cité du design. Alain Courtet signalait ainsi « l’importance de plus en plus grande de l’étiquette énergétique dans les prix de vente ». Le notaire citait le cas de Saint-Etienne, où des appartements en classe A ou B ont vu leur prix « bondir de 30 % » et ceux en classe F « diminuer de 17 % ».
Responsable du service Rénov’actions42, Nicolas Pichot dressait un état des lieux : parmi les biens évalués en 2024 et 2025, les DPE (Diagnostics de performance énergétique) mettent en évidence une majorité de biens en classe C (30 %) et D (36 %), mais aussi 27 % de “mauvais élèves” (17 % de E, 6 % de F et 4 % de G).
Le casse-tête des aides
Isolation, menuiserie, ventilation, chauffage/eau chaude, adaptation au vieillissement : par où commencer pour améliorer les choses ? A quoi ai-je droit ? Voici les principales questions que reçoivent ce spécialiste et ses équipes. Dans le premier cas, lui préconise une réflexion globale car « si on décide de faire par poste, on a tendance à s’arrêter après la première opération ». Il souligne aussi que le meilleur moment reste celui où l’on n’occupe pas encore les locaux, soit « au moment du compromis » : « L’acheteur s’est engagé, a les éléments en main (DPE, audit, etc.) pour prendre les bonnes décisions et un peu de temps devant lui. »
Ça, c’est pour la théorie. En pratique, si vous avez intégré les aides de l’État dans votre feuille de route, il faudra patienter de longs mois et parfois jusqu’à pas loin d’un an après le dépôt du dossier sur la plateforme MaPrimeRénov’ pour avoir confirmation que vous en bénéficierez… Ce qui impose de rester locataire pendant ce temps ou de faire l’avance de trésorerie – avec le risque que la demande soit refusée – pour que les artisans puissent démarrer.
Rénov’Actions 42 propose un accompagnement gratuit avec un rendez-vous sous deux à trois semaines en moyenne. L’occasion de faire le point sur les chantiers prioritaires et de se repérer dans la jungle que représentent les aides de l’État. Pour se faire une idée, Le Guide 2026, disponible sur le site de l’Anah (Agence nationale de l’habitat), s’étend sur… 70 pages.
Pour faire simple, il existe deux grandes situations éligibles. D’une part, la rénovation globale, avec au moins deux types de travaux d’isolation (fenêtres, planchers, murs extérieurs) qui vont permettre de gagner deux classes, en passant, par exemple, d’une étiquette D à B. La subvention pourra atteindre 20 à 80 % du budget total selon le niveau de ressources des propriétaires. D’autre part, la rénovation poste par poste (isolation, Pompe à chaleur (PAC), etc.), qui donnera lieu à des financements moindres, selon quatre catégories conditionnées au niveau de revenus et du nombre de personnes (enfants compris) qui composent le foyer.
Des points de vigilance
Le responsable de Rénov’Actions 42 met en garde contre deux phénomènes. Primo, le démarchage téléphonique, dont il faut se méfier. Prenez plutôt l’initiative et sollicitez des professionnels reconnus et basés près de chez vous. Secundo, la promesse de panneaux photovoltaïques gratuits ou à très bas coût. « Aujourd’hui, l’Etat ne subventionne plus ce type d’installation », prévient-il.
À l’inverse, il est intéressant de regarder du côté des PAC : « Elles fonctionnent bien sur des systèmes à basse température comme les planchers chauffants. En revanche, leur rendement est moins performant avec des radiateurs classiques. » Ce type de matériel peut montrer certaines limites en altitude et sera d’autant plus performant dans un logement bien isolé. Enfin, Nicolas Pichot appelle à être vigilant et à ne pas sous-estimer certains besoins d’un logement : « On peut avoir tendance à se concentrer sur l’isolation en oubliant la ventilation, au risque d’une qualité de l’air dégradée avec des risques de moisissure. Elle est essentielle. »
Pour éviter les erreurs, le mieux reste de solliciter cet organisme de service public. Depuis ses agences de Saint-Etienne, Roanne et Montbrison ainsi que dans des permanences délocalisées, les agents aident les particuliers à dresser un état des lieux, cibler les travaux prioritaires, évaluer les coûts, lister les aides mobilisables et choisir les bons professionnels en tenant compte de leurs qualifications (RGE, par exemple). Pour ce faire, vous pouvez appeler le 04.77.41.41.25 ou visiter le site www.renovactions42.org.